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Comité Citoyen pour une Europe Solidaire
Ensemble pour construire une alternative au libéralisme
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Éditorial
Bonneteau européen
Dans les premiers temps de la campagne des élections présidentielles, François Hollande n’a cessé de d’affirmer, avec force effets de tribune, qu’il renégocierait le traité européen de stabilité, signé par 25 des 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union. Pourtant, une lecture attentive de sa feuille de route, ne fait mention que de « modifier et compléter le traité de stabilité ». Mme Merkel, qui sait lire, est donc persuadée que le Président français ne reviendra pas sur la signature de la France, ce qui lui a permis de se montrer très ferme dans ses derniers entretiens, acceptant, du bout des lèvres, d’œuvrer à un volet de croissance, mais à coté du pacte de stabilité. L’Italie, l’Espagne et à fortiori la Grèce, qui ont mis en place des politiques de rigueur draconiennes dont nous voyons tout les jours les résultats négatifs sur l’économie et l’emploi, soutiennent l’initiative française. Ils ont entendu avec plaisir Mario Draghi, le président de la BCE, souhaiter la mise en place d’un « pacte de croissance ». Pourtant M Draghi, comme la chancelière allemande, refuse toute augmentation des dépenses publiques qui auraient pour effet de gonfler la dette et se déclarent favorables à des « réformes de structure », expression polie qui signifie en fait déréglementation du travail et privatisations. Tout le monde semble d’accord sur la généralisation de la taxe sur les opérations financières, qui permettrait d’encaisser plusieurs dizaines de milliards, mais l’utilisation différente, prônée par Hollande, des fonds structurels européens, l’augmentation du rôle de la banque européenne d’investissement et surtout la création des euro bonds, que la chancelière allemande refuse fermement, restent des points de désaccord à régler. Législatives françaises obligent, parions que nous verrons ces jours prochains les socialistes français bomber le torse et énoncer des pronunciamientos tous plus définitifs les uns que les autres, d’autant que la chancelière, à dix huit mois des élections allemandes ne peut se permettre un échec qui l’isolerait un peu plus au sein de l’UE. Mais après quelques déclarations acides, tout rentrera bien vite dans l’ordre. L’ennui c’est que l’accord trouvé, qui sera présenté, n’en doutons pas comme une victoire du nouveau gouvernement , se fera sur le dos des travailleurs français, puisqu’il y a fort à parier qu’en échange d’un accord sur le pacte de croissance c’est la déréglementation de notre marché du travail qui sera accepté. Espérons que la société française restera vigilante et saura réagir à ce qui se profile, c’est à dire l’abandon d’une nouvelle part du contrat social établi au sortir de la dernière guerre mondiale par le Comité National de la Résistance. Francis Dell’Eva, 14/05/2012
Cet article est paru dans le bulletin n°47 du 14 mai 2012 - Voir nos bulletins "L’EUROPE et nous ?".
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