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Prochaine réunion du Comité le mardi 23 février 2010, 20h30
Éditorial

L’Europe n’a pas perdu la bataille de Copenhague

Parmi la kyrielle de dépêches défaitistes qui ont suivi le sommet de Copenhague, celle de l ’agence Reuters qui titrait « L ’Europe a perdu la bataille de Copenhague » remporte la palme du prêt à penser eurosceptique. Si l’on peut comprendre la déception qui a suivi la déclaration de clôture, il n’en reste pas moins que les responsables de l’échec sont bien les Etats Unis et la Chine qui représentent à eux deux 50% des émissions de CO2 et qui ont tout bonnement saboté le sommet.
Leur querelle sur la responsabilité respective des pays développés et émergents à empoisonné les réunions, mais au final, le président des États Unis sera pardonné pour cause de politique intérieure, celui de la Chine en raison de ses besoins en développement, et l’Union, elle, clouée au pilori pour cause de mauvais résultats.
L’idéal aurait été, bien sûr, que l’Europe parle d’une seule voix à la conférence, et le ballet des Sarkozy, Merkel et consorts se succédant à la tribune a sans doute contribué à affaiblir l’Union. Mais quel que soit le mode de représentation, l’Europe n’avait pas les moyens d’imposer son agenda au reste de la planète.
Pourtant c’est l’Union qui s’est fixé des objectifs contraignants en matière de lutte contre les gaz à effet de serre (-20% d’ici à 2020 par rapport à 1990). Et c’est elle encore qui a décidé d’aider les pays les plus pauvres à faire face au dérèglement climatique. Ce sont des résolutions importantes, et je suis surpris qu’elles aient été ignorées par la plupart des médias.
Quand à l’avenir, il n’est pas si sombre que certains se sont plût à le souligner. Car si l’Union est toujours un nain politique, elle est également le plus grand marché du monde, et les producteurs mondiaux, s’ils veulent avoir accès à ce marché devront respecter les standards européens d’émission de CO2. Le marché européen du carbone représentant les deux tiers du marché mondial, son prix mondial sera déterminé en Europe, constituant ainsi la véritable politique étrangère de l’Union. L’après Copenhague sera européen !
Francis Dell’Eva

Cet article est paru dans le bulletin n°18 du 18 janvier 2010 - Voir nos bulletins "L’EUROPE et nous ?".


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